L’été c’est beau, mais pour nos chevaux ce n’est pas toujours une partie de plaisir. Un cheval qui souffre de la chaleur ça peut vite devenir une urgence vétérinaire si on ne réagit pas à temps. Autant savoir reconnaître les signes tôt et avoir les bons réflexes.

Un cheval régule mal sa température comparé à nous. Il transpire, oui, mais son système est plus fragile face aux grosses chaleurs prolongées. Un coup de chaleur ça peut arriver plus vite qu’on ne le pense, surtout sur des animaux âgés, des poulains, ou des chevaux qui ont travaillé.

Reconnaître un cheval en détresse thermique

Les premiers signes sont souvent discrets et c’est justement là que ça devient dangereux. Un cheval apathique, qui ne réagit plus normalement à ce qui l’entoure, qui reste immobile et semble absent, c’est déjà un signal. On connaît son cheval, on sait comment il est d’habitude. Tout comportement inhabituel par grosse chaleur mérite attention.

La sudation est un indicateur important. Un cheval qui transpire énormément de façon prolongée perd des électrolytes en quantité et se déshydrate. Mais paradoxalement un cheval qui ne transpire plus du tout alors qu’il fait très chaud c’est encore plus inquiétant. C’est un signe que son système de thermorégulation est dépassé.

On vérifie les muqueuses, c’est à dire l’intérieur des lèvres et les gencives. Elles doivent être roses et humides. Des muqueuses sèches, collantes ou pâles indiquent une déshydratation sérieuse. On peut aussi faire le test du pli de peau : on pince légèrement la peau de l’encolure et on la relâche. Elle doit revenir en place immédiatement. Si elle met du temps à se replacer, le cheval est déshydraté.

La respiration est un autre indicateur. Une respiration rapide et superficielle au repos, des naseaux qui s’ouvrent largement, c’est anormal. La fréquence cardiaque élevée au repos aussi. Un cheval qui tremble, qui trébuche ou qui semble ne plus coordonner ses mouvements correctement, c’est une urgence. On appelle le vétérinaire sans attendre.

Ce qu’on fait concrètement

La première chose c’est de mettre le cheval à l’ombre immédiatement si ce n’est pas déjà le cas. Un endroit aéré, avec de l’air qui circule. On évite les boxes fermés et étouffants, on privilégie un espace ouvert et ventilé.

On l’arrose. Jets d’eau froide sur les jambes, le ventre, l’encolure, l’intérieur des cuisses où passent les grosses veines. On rince et on recommence. L’eau s’évapore et fait baisser la température corporelle. Ce qui est important c’est de ne pas laisser l’eau stagner sur le dos en plein soleil, ça peut avoir l’effet inverse et créer une sorte d’effet cocotte. On arrose, on racle l’eau avec une raclette, on recommence.

Des ventilateurs si on en a. L’air qui circule accélère l’évaporation et aide le cheval à se refroidir. Une box bien ventilée avec un ventilateur électrique peut faire une vraie différence.

L’eau à disposition en permanence, fraîche, renouvelée souvent. Un cheval peut boire jusqu’à 60 litres par jour en période de forte chaleur. On ne le laisse pas manquer d’eau, jamais. Si le cheval ne boit pas spontanément alors qu’il fait très chaud c’est déjà un signe que quelque chose ne va pas.

Les électrolytes peuvent aider à compenser les pertes dues à la transpiration. Il existe des compléments spécifiques à diluer dans l’eau ou à donner directement. Attention cependant à ne pas en donner à un cheval déjà déshydraté sans avis vétérinaire, ça peut aggraver la situation.

Ce qu’on évite

On ne fait pas travailler un cheval aux heures les plus chaudes, entre 11h et 17h en période de canicule. Si une sortie est nécessaire elle se fait tôt le matin ou en soirée, à allure modérée. On n’oublie pas de le laisser récupérer correctement après l’effort et de lui donner de l’eau progressivement, pas en grande quantité d’un coup.

On ne laisse pas un cheval seul dans un pré sans ombre ni eau. Ça paraît évident mais les coups de chaleur arrivent souvent dans des situations qu’on n’a pas anticipées.

Quand appeler le vétérinaire

Dès que les signes sont sérieux on n’attend pas. Température rectale au dessus de 40 degrés, absence de transpiration par grosse chaleur, tremblements, désorientation, cheval qui ne tient plus debout. Ce sont des urgences. Un coup de chaleur non traité rapidement peut avoir des conséquences graves et irréversibles. Mieux vaut appeler pour rien que de perdre du temps.

On connaît nos chevaux. C’est souvent ça le meilleur outil, savoir ce qui est normal pour son animal et réagir dès que quelque chose cloche.

Et si on tombe sur un cheval en détresse en balade

C’est une situation qu’on n’anticipe pas forcément quand on part se balader en forêt ou sur les chemins. On passe devant un pré, on voit un cheval qui ne va pas bien, et le propriétaire n’est nulle part. Pas de maison visible, pas de numéro affiché sur la clôture, personne aux alentours. On fait quoi.

La première chose c’est d’évaluer la situation sans entrer dans le pré précipitamment. Un cheval en détresse peut être imprévisible, même un animal calme en temps normal. On observe depuis la clôture. Est ce qu’il est couché et ne se relève pas, est ce qu’il titube, est ce qu’il a les muqueuses visibles pâles ou sèches, est ce qu’il tremble. On essaie d’estimer la gravité avant d’agir.

Si la situation semble urgente on appelle le 15 ou le 17. Beaucoup de gens ne pensent pas à appeler les secours pour un animal mais le SAMU ou la gendarmerie peuvent orienter vers les bons interlocuteurs et intervenir si nécessaire. La gendarmerie notamment peut retrouver le propriétaire via les registres, un cheval identifié par transpondeur peut être localisé dans une base de données. On donne sa position précise, le nom du chemin, la commune, on décrit ce qu’on voit.

On peut aussi appeler un vétérinaire local directement. Les vétérinaires équins ont l’habitude de ce genre de situations et peuvent se déplacer en urgence même sans propriétaire présent sur place. Une clinique vétérinaire équine de la région sera souvent en mesure de contacter le propriétaire ou d’intervenir en attendant de le joindre.

Si on est en capacité d’agir en attendant les secours et que l’accès au cheval est possible sans danger, on peut lui apporter de l’eau si on en a, le mettre à l’ombre si c’est faisable, l’arroser doucement. On ne lui donne rien d’autre, pas de médicaments, pas de compléments dont on ne connaît pas la provenance. On reste avec lui, on surveille son état, on tient les secours informés de l’évolution.

Il existe aussi des applications et des groupes locaux sur les réseaux sociaux dédiés aux cavaliers et propriétaires d’équidés. Poster une photo et la localisation peut permettre de retrouver le propriétaire très rapidement, les communautés équestres sont souvent très réactives et bien organisées sur ce genre d’urgence. Un simple post avec la commune et une description du cheval peut suffire à ce que quelqu’un reconnaisse l’animal en quelques minutes.

Ce qu’on ne fait pas c’est passer son chemin en se disant que ce n’est pas notre affaire. Un cheval en détresse par canicule sans intervention peut mourir en quelques heures. On n’est pas obligé d’être vétérinaire ou propriétaire pour réagir. On observe, on évalue, on alerte. C’est souvent suffisant pour que les choses se mettent en place rapidement.


7 réponses à « Mon cheval souffre de la chaleur, comment le savoir et quoi faire »

  1. Avatar de Bruno71
    Bruno71

    LÉA Merci pour ce bel article. Je vais le partager un max et je saurais quoi faire maintenant. Tu es vraiment une femme bien Léa. Une femme extraordinaire. Heureux d’être ton ami

  2. Avatar de Serval91
    Serval91

    Très bel article sui décrit bien et donne la marche a suivre, c’est relayé. Merci Léa.
    Ps : c’est un peu comme pour mes chats 🐱 😉

  3. Avatar de Fred33390
    Fred33390

    Merci pou cet article ou tu partage ton professionalisme,et les gestes a faire en urgence.
    Merci 😘

  4. Avatar de Le_breton
    Le_breton

    bonjour Léa et merci pour ce texte d information tres precis et instructif il est vrai que je n aurais pas eu l idee d appeler le 15 pour ce genre de probleme sachant que parfois meme pour les humains ils sont debordés
    tu parles dans ton texte d electrolytes c est quoi exactement ?

    1. Avatar de Léa HORSE

      Les électrolytes c’est assez simple à expliquer. Ce sont des minéraux présents naturellement dans le corps, principalement le sodium, le potassium, le calcium et le magnésium. Ils servent à faire fonctionner les muscles, à réguler l’hydratation des cellules et à maintenir l’équilibre général de l’organisme. C’est valable chez l’humain comme chez le cheval.
      Le problème avec la chaleur c’est que quand un cheval transpire beaucoup, il ne perd pas que de l’eau. Il perd aussi ces minéraux en grande quantité. Et sans eux, même s’il boit correctement, son corps ne peut pas utiliser cette eau efficacement. Les cellules ne s’hydratent pas bien, les muscles fonctionnent mal, la fatigue s’installe plus vite et les risques de crampes ou de défaillance augmentent.
      Donner des électrolytes c’est donc compenser ces pertes pour que l’organisme retrouve son équilibre. On peut les trouver sous forme de poudre à diluer dans l’eau ou à mélanger à la nourriture.

      1. Avatar de Le_breton
        Le_breton

        merci Léa de prendre de ton temps precieux pour ces precisions , j aurais appris quelque chose aujourd hui grace à toi , j ai vu que ton cheval allait mieux je suis content pour lui , je pense qu il te sera reconnaissant de lui etre venu en aide les animaux sont souvent plus reconnaissant que les humains , bon courage pour la suite , bises

  5. Avatar de EricAslanian
    EricAslanian

    Merci pour cet article ur les chevaux et la canicule moi même j’ai des chats et chatons je vois leurs souffrances a la chaleurs 🥵 et votre exposé sur les méfaits de la canicule sur les chevaux et franchement bien pour comprendre.

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